Depuis leur création, les programmes de coopération culturelle des « Chemins du Baroque » ont toujours été menés dans un cadre bilatéral, afin de mieux concentrer les moyens pédagogiques, techniques et artistiques mis en œuvre sur la création de véritables pôles de développement culturel. Cependant, au fil des années et des programmes successifs, il est apparu que ces pôles – dont la nature varie forcément d’un pays à l’autre – méritaient d’être mis en réseau, du fait de leur complémentarité. L’examen d’une telle hypothèse de travail devait d’ailleurs rapidement conduire à une autre conclusion : elle permettrait indubitablement de conférer, à budget constant, une dimension plus permanente au travail de formation, en utilisant mieux les compétences créées dans tel ou tel pays, à condition de savoir les partager à l’échelle d’une zone géographique plus large.
Un premier pas devait être franchi au cours de l’année 2007, lorsqu’il nous fallut répondre à une demande de formation régulière de jeunes organistes dans la région de Cusco – Andahuaylillas afin de répondre plus pleinement aux exigences du programme de développement durable mis en place localement par les soins de l’ONG CCAIJO.
C’est alors que l’organiste chilien Camilo Brandi, formé en France, fut chargé des cours réguliers au Pérou tandis que la jeune musicienne cubaine Jennifer Vera Martinez voyait ses compétences mises à profit entre le Paraguay, la Colombie et le Pérou.
Il nous a semblé que cette expérience, élargie en 2008 à l’occasion de l’inauguration des orgues d’Andahuaylillas, méritait d’être élargie.. En effet, les divers accords cadres que nous avons été amenés à passer avec des institutions nationales renforçaient certes des expériences pédagogiques et artistiques fragmentaires, mais que pour diverses raisons, jamais la moindre communication ne s’établissait entre elles. D’où une dispersion des moyens et, surtout, l’absence de toute responsabilité collective pour des jeunes musiciens dont l’avenir professionnel reposera pourtant sur leur capacité à élargir leurs activités bien au delà de leurs frontières. Et c’est ainsi que nous avons souhaité faire évoluer nos interventions selon un plan de quatre ans (2008 – 2011) susceptible de faire naître de nouvelles synergies communes, de mieux mettre en mouvement le partage des moyens et des compétences, créant ainsi des outils fédérateurs, dans la
perspective de « 2011 – Année de l’Amérique Latine en France ». Cette échéance (qui verra la fin définitive des programmes des « Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde ») devrait permettre à tous les bénéficiaires concernés de renforcer leurs liens de « coopération interne » dans une zone géographique donnée et d’aller avec plus de force vers une autonomie définitive, ce qui nous semble devoir être le but primordial de tout projet de coopération.
C’est au Pérou, et afin de donner tout son sens au projet d’Académie internationale de musique baroque ainsi qu’à l’opération de sauvetage de l’orgue historique de Huaro, que nous proposons d’apporter au programme de coopération avec le Conservatoire National de Musique du Pérou une véritable dimension panaméricaine. L’action transversale qui en résultera concernera les pays suivants : Bolivie, Chili, Colombie, Paraguay et Pérou. Elle sera mise en œuvre en lien étroit – tant dans la conception du projet que lors de sa réalisation – avec la Délégation Régionale de Coopération pour les Pays andins, à Lima à laquelle pourrait s’allier le bureau de la Délégation Régionale de Coopération pour le Cône sud, depuis Santiago).