Francis Biggi s’est formé au Conservatoire de Milan, aux Universités de Milan et de Sienne, ainsi qu’à la Schola Cantorum de Bâle, où il a été le premier musicien à obtenir un diplôme de soliste en luth médiéval.
Considéré depuis longtemps comme une des figures de référence dans l’évolution de l’école italienne d’interprétation de la musique médiévale, il a participé à la fondation de deux des plus importants ensembles italiens des années 1980, Alia Musica de Milan et Ars Italica.
Il a collaboré avec nombre de formations de musique ancienne tels que la Boston Camerata, l’Ensemble Ferrara, l’Ensemble Micrologus, Hespèrion XXI, l’Ensemble Dedalus... Il a à son actif plusieurs enregistrements discographiques (Polygram, Tactus, Florentia Musicae, Astrée-Auvidis, L’Empreinte Digitale, K617
), ainsi que nombreux articles consacrés à la musique italienne des XIV et XV siècles.
Membre et codirecteur avec Avery Gosfield de l’Ensemble Lucidarium, il poursuit avec les autres musiciens de la formation un travail approfondi sur l’interprétation des répertoires vocaux et instrumentaux du XIVe siècle jusqu’au début du XVIe siècle, avec une attention particulière aux répertoires de frontière, entre écriture et tradition orale. Depuis nombre d’années il se dédie à l’étude des relations entre poésie et musique en Italie au début de la Renaissance.
La Compagnia dell’Orpheo naît au printemps 2005, autour du projet d’une nouvelle approche dramatique et musicale, de la Fabula di Orpheo de Angelo Poliziano. Un projet ambitieux, qui a reçu le soutien de quelques institutions internationales de formation aux métiers de la musique ancienne ou à la production musicale, telles que la Haute Ecole de Musique de Genève, La Fondation Royaumont ou le Concertgebouw de Bruges. La Compagnia dell’Orpheo réunit de jeunes musiciens de nationalité différente, provenant de toute l’Europe. Ces jeunes interprètes, artistes déjà affirmés ou étudiants avancés en fin de parcours de formation auprès du Centre de Musique Ancienne de la Haute Ecole de Musique de Genève ainsi que d’autres importantes institutions européennes, ont entamé avec enthousiasme un parcours long et exigeant, qui les a portés, pendant plus d’un an et demi de rencontres intenses, à se pencher sur cette somme expressive qu’est la Fabula di Orpheo, du point de vue musical, théâtral, poétique et historique, en remettant en cause avec passion et courage bien des acquis et des idées courantes sur la relation entre musique et parole, entre art, culture et société de la Renaissance italienne.